Rêve de Jung

J’eus un rêve, à l’époque où je travaillais avec Freud, qui illustre bien ce point particulier. Je rêvai que j’étais «chez moi» apparemment au premier étage, dans un agréable et confortable salon meublé dans le style du XVIIIe siècle. Je fus étonné de n’avoir jamais vu cette pièce auparavant et je commençai à me demander à quoi ressemblait le rez-de-chaussée. Je descendis, et je découvris que les pièces étaient plutôt sombres, aux murs recouverts de boiseries, avec des meubles massifs datant du XVIe siècle ou même d’une période antérieure. Ma surprise et ma curiosité s’accrurent. Je voulais voir l’architecture totale de la maison. Je descendis dans la cave où je trouvai une porte donnant sur un escalier, qui menait à une vaste pièce voûtée. Elle était pavée de grandes pierres, et les murs semblaient très anciens. J’examinai le mortier, et je découvris qu’il était mélangé d’éclats de briques. Manifestement les murs étaient d’origine romaine. Ma curiosité ne cessait de croître. Dans un coin, je vis un anneau de fer fixé à une dalle. Je la soulevai, et je vis un autre escalier très étroit menant à une sorte de caveau, qui ressemblait à une tombe préhistorique, contenant deux crânes, quelques os, et des fragments de poterie. Et je me réveillai.

Ce rêve, relaté dans son Essai d’exploration de l’inconscient (1960), donne au psychothérapeute suisse l’intuition que l’inconscient est structuré en strates, depuis l’inconscient individuel jusqu’à l’inconscient collectif.

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